Lever l’Encre, c’est mon premier projet 100% éco-conçu, à base d’encres (de Chine et aquarelle) ! J’ai cherché longtemps à poursuivre les Curieux Hybrides en me passant de la peinture acrylique, qui est un dérivé de la pétrochimie. Je voulais aussi mettre de côté le papier calque, qui demande beaucoup d’énergie pour être produit et me posait des difficultés techniques dans le montage…

Mais comment garder l’équilibre entre le portrait et l’abstrait sans la transparence du calque ? Comment garder une vivacité de couleurs et des effets de transparence sans la gamme des tubes d’acrylique ? Comment remplacer mon stylo noir jetable préféré, lui aussi à l’acrylique ? Après de nombreuses expérimentations, des recherches approfondies sur les médiums, leur composition, leur fabrication et leur provenance, j’arrive à cette collection “Lever l’Encre”, pour laquelle je travaille sur papier avec de l’encre de Chine (à la plume réutilisable, finis les stylos jetables), des encres aquarelles à l’eau, des crayons de couleurs et des craies à la cire.

Ces portraits, qui rencontrent le texte (retour aux sources…), invitent à prendre le large vers la complexité des relations entre vivants humains et non-humains. Il y est donc question de vent, d’arbres, de lacs, des éléments, des animaux, des milieux…. En hybridant le figuratif et l’abstrait, le trait et l’aplat, la ligne et la forme, le noir et blanc et la couleur, le visuel et le texte, ils cherchent à ouvrir des espaces d’exploration à nos diverses parts sensibles.

– ibrida folia, 24*32cm

écologie & liberté

“Introduction. Ligne de départ. Je prends mon élan : j’aimerais écrire sur la liberté. Mais sans tourner en rond autour de banalités. Tourniquet de l’esprit. Lieux communs dans lieux publics. Le tourniquet tourne trop vite. J’en ai mal au cœur, je descends, titube, circonvolutions. Le chemin serpente, et de la révolution il me faut passer à autre chose, prendre la tangente. Tourner la page.

Car, voyez-vous, je suis arrivée à la liberté par le haut. Par le ciel. De trop haut. Le grand idéal. Boum. La chute n’en fut que plus belle. Mais je n’abandonne pas. Je remonte la pente comme une enfant le toboggan. Je suis mon ambition comme ma bonne étoile. « On ne prend pas le toboggan à l’envers ! » crie la maîtresse. Mon regard se renverse. Et pourquoi pas ? Bien sûr que si. Si les toboggans n’existaient pas pour être remontés à l’envers, les toboggans n’existeraient pas. Liberté, poil à gratter.

Si ce n’est pas une révolution, ce sera au moins un changement de cap, pleins gaz sur la ligne courbe ! Je reprends le fil, fil tors, fil rebelle, il n’en fait qu’à sa tête dans les nuages. Il s’élève, mais pas trop haut, chat échaudé se garde un fil à la patte. Il flotte entre deux eaux, mollement, il retombe, et moi avec lui, je chute lentement, sans un bruit, je chute, chut ! jusqu’à l’amas moelleux des bulles entassées là, chaudement, dans le coin d’une page. Je pourrais rester là, oublier pour toujours mes rêves de liberté, me laisser fondre et pelotonner dans ce petit coin douillet, mais au sommet de la plus haute des bulles, il y a la panthère noire qui me regarde. Et elle attend.

Écrire la liberté, peindre la liberté, oser la liberté, c’est comme chercher la lumière au milieu d’une épaisse forêt de sapins. C’est rugueux. Ça pique. Il faut grimper, regarder au-delà de ce que l’on voit trop. Avancer lentement, point par point seulement. Le lourd nappage du conformisme dégouline et m’ensevelit parfois. C’est sucré, rond, comme une évidence. Mais le confort m’use, il est écœurant et je remonte, sors la tête du sirupeux, encore ensuquée. Qu’il est loin, merde ! le point de l’infini !

J’avance malgré tout, les carrefours s’enchaînent et je change de direction, j’avance, mais reviens au même point. Je vois l’autre chemin mais je ne l’atteins pas. Est-il si différent de celui-là ? Verte forêt et forêt verte. Verts sapins et sapins verts. La boucle se boucle et se referme sur moi, encore une fois. Revoilà les bulles joyeuses et savonneuses, gluantes et poisseuses.

« Savoir, c’est être libre », dit la maîtresse. Moi je voudrais avoir le choix. Savoir, ne pas savoir, goûter parfois à l’insouciance de l’ignorance. Sauter à pieds joints sur le trampoline de la vie, sans savoir de quoi demain sera fait. Oser les chemins de traverse, prendre l’échangeur pour mieux quitter la large route, la nationale, la départementale, s’arrêter en rase campagne.

Ici, on voit les étoiles. On danse en spirale. Le vent chasse les nuages et quand on tourne en rond le rond devient ellipse, tes lips, sur tes lèvres des mots, en dehors de ta bouche des mots, dans la pièce des mots, dans l’espace des mots, petits puis gros, immenses et bientôt partout, énormes et explosifs, ils griffent, chahutent et remettent les pendules à l’heure et l’heure à la bonne.

Parce qu’il y en a marre, et que les étoiles jetées six pieds sous terre il faut les déterrer et les raccrocher aux nuages, là-haut au-dessus, bien au-dessus de la cime des sapins. Et tant pis pour les écorchures, la boule au ventre et les nœuds au cerveau, la panthère noire les croquera, les mâchera et les recrachera en une bouillie ruisselant jusque dans le sol, et avec un peu de lumière et quelques gouttes de pluie et la patience infinie de la vie, il en poussera des champignons qui relieront les êtres et les possibles, et de nouveaux sapins qui, encore et encore, pointeront dans la bonne direction. Du sol au plafond.

Conclusion. Nouvelle ligne de départ. Tiens bon, suis le champignon, la bulle s’élève. Tiens le bon bout, celui des rêves, des rêves fous. Tiens la corde, poursuis ta route sans craindre les détours. La liberté est là. Juste ici autant que loin là-bas.” ibrida folia

– ibrida folia, 24*32cm

face au vent

“J’imprécise le trait, car le vent me trouble, d’abord. Il m’éneeerve, réveille la colère de la lutte. Je pousse. Il repousse, il me fouette. Je jure. Résiste. L’injustice. Si forte. Si toujours. Il me nargue, me la rappelle, me la met sous le nez comme les feuilles qu’il charrie. Petits tas de souffrance… Je sais, bien sûr, qu’elle ne vient pas de lui, l’injustice. Alors je jette, l’éponge. Tombent mes épaules. Lasses. J’embrasse, la sensation, le vent, le temps, apprivoise le temps, qui passe. De lutter, cesser, d’attendre, cesser, d’exiger, cesser. Contre mon front, il se fait moins violent, le vent. Toujours ferme, pourtant. Présent. Mais je ne grogne plus, ne parle plus, même, il est le plus fort, de toute façon. J’écoute. Les messages des arbres et des insectes, qu’il transporte. La terre, qu’il féconde des akènes et des pollens, des noix que le corbeau saisit et envole dans l’arbre, boucle une boucle, il jette la noix, la noix au sol, à terre, si bien qu’à la fin elle se brise, enfin, et la bise revient, et ma bouche muette écoute, et mon oreille voit le ballet des corbeaux et le sifflement du vent devenu serpent. Transmutation. Mes cheveux se mordent la queue. Je ressens sur ma peau, sur mes joues, sur mes yeux demi-clos la glisse épaisse et invisible. Le vent fait parler en moi une nouvelle voix, moi qui me croyais de la terre, serais-je aussi de l’air ? Le vent parle et ses paroles arrivent à mon oreille et j’écoute parce qu’il sait, lui, ce que c’est que de faire le tour de la terre. Il sait, lui, ce que c’est que d’être à part. Là et invisible. Il a tant à m’apprendre. La puissance discrète. Puissance de. La force. Millénaire, persévérante. Ne lâche rien. Les serpents, les couleuvres, tu peux bien les avaler, ton heure viendra. Pas. À. Pas. À force de cumuler les couches de transparence, on finit par prendre de l’épaisseur.” ibrida folia

– ibrida folia, 24*32cm

hommage aux facilitatrices et facilitateurs territoriaux, aux médiatrices et médiateurs environnementaux, aux marginales et marginaux sécant.e.s, aux passeurs et passeuses d’entre-les-mondes, aux tisseuses et tisseurs de liens…

“L’autre jour, elle est allée marcher. Le fleuve l’apaise, en général. Mais ça ne s’est pas passé comme elle l’avait imaginé. À l’endroit précis où l’eau étreint la terre, juste à côté de l’arbre déraciné qui continue malgré tout de verdir chaque printemps, exactement à cet endroit, elle a voulu poser un pied dans l’eau et un pied sur le sable. Ça lui a pris comme ça, sans réfléchir et sans imaginer que son ordre des choses en serait si chamboulé.

Maintenant que tout cela est derrière elle, elle prend une pause, et dans sa tête s’écoule le flot de ses pensées qui reparcourent le fil de cette histoire, ce fil entortillé qui a fini par se dénouer.

Au moment précis où elle a posé ses pieds ainsi, un pied dans l’eau et un pied sur le sable, le monde entier lui est apparu coupé en deux. D’un côté l’eau, de l’autre le bateau. D’un côté la chaise, de l’autre l’autre chaise. Et la clôture qui sépare le jardin et la ville… Elle s’est demandé comment traverser la clôture. Faut-il traverser la clôture ? Sous son pied, il y a toujours la sensation du sable mêlé de graviers, crissants, râpeux. Sous son autre pied, la fraîche sensation de l’écume, les bulles qui coulent, s’écoulent.

Elle a plongé, a failli se noyer. L’eau paraissait si calme pourtant, si tranquille. Mais sous la surface, il y avait la puissance du courant chargé de l’énergie de la terre. Le monde coupé en deux, encore. Elle s’est vue sombrer. Un pêcheur l’a rattrapée. Elle s’est allongée sur le dos, à la lisière de la rive. Au-dessus d’elle, il y avait le ciel. Au-dessous d’elle, il y avait la terre. C’est là qu’elle a compris.

Maintenant que tout cela est derrière elle, elle sait que sa place est à l’interface, au niveau de la surface qui sépare et qui rejoint. Comme l’image fixée sur la pellicule, entre l’endroit et l’envers. Dans le monde coupé en deux, elle est à cet endroit, fin et délicat. Ni devant, ni derrière. Ni au-dessus, ni en-dessous. Juste là. Ni dedans, ni dehors. Ni avec, ni sans. Une place où vivre, tout simplement.” ibrida folia

– ibrida folia, 24*32cm

extrait de “Voyage Extraordinaire en Terre Ordinaire”, projet artistique mené en collaboration avec Cédric TheDreamcatcher

“Je suis là, face au lac. C’est un petit lac de rien. Au reflet immense comme l’univers. Un petit lac couleurs d’automne. Au milieu d’une herbe de printemps, et d’arbres de l’hiver. Il engloutit tout ce petit lac, des feuilles jusqu’aux nuages, la rétine de mes yeux. Le soleil brûlant, et même le temps. Maisons en noir et blanc.

Face à moi, les arbres se dédoublent. Troubles. Dans l’eau, leurs racines. À l’horizon, leurs racines, j’ai la tête à l’envers. Sans dessus. Sens dessous. Les branchettes dégoulinent et pointent le ciel. Les bourgeons se redressent et les derniers fruits tombent.

Il engloutit tout ce petit lac, le temps et les piaillements des oiseaux et les murmures du vent. Peut-être que ça souffre, dans les maisons là-bas. Peut-être qu’il y a des pleurs dans le miroir du calme. Peut-être qu’il y a des cris dans le miroir du ciel. Rester là ? Aller voir ? Rencontre du réel… C’est net et c’est flou en même temps. Proche et lointain en même temps. J’avance.” ibrida folia

– ibrida folia, 24*32cm

extrait de “Voyage Extraordinaire en Terre Ordinaire”, projet artistique mené en collaboration avec Cédric TheDreamcatcher

“Je l’observe. Du haut de ses quelques années, tout l’intéresse. L’arrête. Un caillou blanc, une feuille, un gland. Il ramasse. Amasse. À ses yeux tout est précieux, même au sol, même boueux. Et j’oscille. Ce n’est rien qu’un caillou. Il finira par s’habituer, tant mieux, j’aimerais avancer, on ne peut pas chaque seconde s’arrêter. Ici. Nulle part. Au beau milieu du chemin… Mais je ne veux pas qu’il s’habitue. Son regard, son sourire, c’est tout ce qui importe. S’attarder. Ce caillou comme une planète inexplorée. Mystère d’une nervure, surprise d’un éclat. S’arrêter dans ce monde qui va trop vite. Toucher la patience d’une pierre à redevenir poussière. Des mousses sèches à attendre la pluie. Il sait encore tout ça, lui. Puissance fugace de l’aurore. Entre deux roches, un champignon. Nouvel arrêt. Prendre le temps. Il y en a tant. Certes, on n’est pas rendus. Où ça, précisément ? Ici, tout compte fait, c’est très bien. On s’asseoit. Entre ces roches, un univers. Dans sa caboche, un univers. Tout l’univers.” ibrida folia

– ibrida folia, 21*29,7cm

les résilient.e.s – inspiration : photo du jeu “Les Arbres de Vie” – Les filles du Baobab


“Hasard ou destinée, c’est là que je me suis retrouvé.e. Rugueuse roche. Falaise. Malaise. J’ai renoncé à l’idéal, insaisissable. Cherché la lumière, laissé s’envoler la verticalité, et tomber quelques branches. Emprunter les chemins de traverse, je sais. Pour presque tous, je reste au loin. Masse curieuse et trouble. À côté de ce que l’on attend. Rares sont ceux qui osent s’approcher, vraiment. Je ne suis pas seul.e, pourtant. Mes aiguilles le savent, elles qui ont traversé les mers et les champs, elles en ont rencontré d’autres, des résilient.e.s. Je les sais quelque part. Inhale. Exhale. Inspirations mutuelles. Le jour tombe et nous serons là encore demain, courbes mais debout. Imparfait.e.s et puissant.e.s.” ibrida folia

– ibrida folia, 24*32cm

extrait de “Voyage Extraordinaire en Terre Ordinaire”, projet artistique mené en collaboration avec Cédric TheDreamcatcher

“Les herbes folles de mon jardin affolent la voisine. Elle renforce sa clôture. Craint d’être envahie. Je fauche. Parfois. Rarement. Pour pailler les arbres et les arbustes. Des petits tas se forment ici et là. De l’herbe. Des herbes de différentes tailles, de différentes formes. Fines. Épaisses. Vert sombre ou tendre. Envahie par quoi, exactement ? Je fais sécher le foin le long de la maison, à l’abri de la pluie. Je rêve que l’herbe m’engloutit. Pénètre par ma bouche et mes oreilles jusqu’à mon âme et je deviens verte, l’herbe, je pousse, au-dessus de moi le bourdon, un papillon. Mes pieds dans l’argile. Ils se frayent un chemin. Je ne crains pas la roche. Je m’étends vers le haut, vers le bas, m’étire. Mes consœurs autour de moi. Je sais que beaucoup de jardiniers ne m’aiment pas. Préfèrent les fleurs. Ils me veulent là mais pas ici. Épaisse mais pas grandie. Pas dépasser. Soit. Je suis là. Les vers m’apprécient. Et la rosée aussi.” ibrida folia

– ibrida folia, 24*32cm

désir de vie

“Ça a commencé tout petit. À bas bruit. Presque interdit. Quelques lettres tapées sur un clavier. Hésitées. Retirées. Finalement remontées, par capillarité. La pluie tombe en gouttes fines. Ruissellent le long de mon cou, ma gorge, ma poitrine. Et pendant que l’eau glisse, la sensation remonte comme ces lettres indociles, pointe telle une jeune pousse d’abord fragile, insoupçonnable. Mais les lettres ont ouvert une brèche. Et la pousse grandit, s’élargit, se renforce. Elle agit. Elle devient émotion. Elle se démultiplie. Forêt de sensations.

Je croyais ma peau paroi. Séparante. Barrière au dehors. Dedans, il y a moi. Dehors, il y a les autres, je ne suis pas le chamois ou la taupe. Mais à bien y regarder, à bien y ressentir, elle est si ébréchée, cette peau. Trouée. Percée. Passage à traversées. Les flux circulent. Les eaux, les molécules, un petit peu de toi, un petit peu du chamois, de la taupe et du ruisseau. Et surtout de ces arbres qui sont là, devant moi, dénudés de l’hiver. Ils sont aussi dedans, dormants seulement pour quelques temps, car nous venons de là, et car je rêve de ça.

Si j’écoute, je sens ; que ça grouille, se croise et se cogne, au-dehors. Cherche à me transpercer. Me transformer. Pénétrer ma chair et ma pensée. De la matrice, impossible de s’échapper. Si j’écoute, je sens ; que ça bouge et ça tire au-dedans. Ça cherche à sortir. Par la bouche, les narines, et les pores de ma peau. Projeter au-dehors une trace. Une parole. Poser enfin, quelque part, ces quelques lettres rebelles.

Une goutte après l’autre, un pas après l’autre, j’apprivoise ce qui vient du dedans et le pose au dehors. Une goutte après l’autre, un pas après l’autre, j’apprivoise ce qui vient du dehors et l’incorpore. Hybridation. Trajection. Échange de flux. Donner. Recevoir. Accueillir. Offrir une énergie. La voler. Car c’est de cette force-là dont il s’agit. Immense. Vertige. Désir de vie.” ibrida folia

– ibrida folia, 16*24cm

vide

“Il s’agit de faire du vide. Pas un tout petit vide. Interstitiel. De rien du tout. Coincé entre l’agir et l’attente. Il s’agit de faire du vide. Un vrai. Un grand. Un béant. Un vide protégé par la rugosité. Défense de s’approcher. Froid jeté.

Je m’arrête. Que c’est dur. Que la tentation est grande. De penser. De lire. De me lever. De me laver. De ranger. D’écrire. De cuisiner. De dormir. De tout recommencer.

Parfois, je n’ai envie de rien, et la pause à moi s’impose. Mais bien souvent, dans ce cas je panique. Il me faut trouver une envie. Fuir à tout prix cette mélancolie. Je me refais hier. Je me refais demain. Je comble le vide.

Parfois, je n’ai envie de rien. “Envie de rien”. “Envie de rien”. Je me demande. Dans ma tête, les mots tournent. J’écoute bien. Ça ne dit pas “Je n’ai envie de rien”. Ça dit : “J’ai envie de rien”. Envie du rien. Du vide. Envie d’une suspension, réelle, longue et prolongée. Comme ce monde a besoin.

Alors j’y reviens. À nouveau, je m’arrête. Que c’est dur. Cette confrontation. Sans concession. À ma part d’ombre. Non, mais vraiment. Une place à la honte, celle qui vous tord le bide. Une place à la peur, celle qui pique le dos de frissons ancestraux. À ma part de lumière. Une place au gonflement du cœur, tant qu’il pourrait exploser. Une place au sourire, qui pose en vulnérabilité. Je tente d’accueillir la joie, aussi, et ce n’est pas si simple que ça.

De jour en jour, de vide en vide, un chemin se dessine. Pas japonais dans une vie rythmée, trop souvent effrénée. Petits bouts de vide qui deviennent grands bouts, s’étendent peu à peu, et le sens avec eux.” ibrida folia

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